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LA MORT EUPHORIQUE DU DOCTEUR FAUSTUS (extrait)
(...)
Je vais au ciel du coeur en qui j'allume des astres tous les soirs
et le jour aussi j'en allume qui ne seront jamais car dans le
ciel du coeur brillent des astres qui sont à la vie ce
que le désir est à la satiété. J'allume
le désir des astres. Je constelle sous les veilleuses des
rinceaux de perles, je bourdonne aux vibrations des éclats
d'été, je m'éclos tendrement en des volubilis
d'adolescents, j'écoute les soupirs de la mer et les râles
du vent sur les harpes des saules pleureurs, mes veines en crue
charrient des décombres et je sais que rien de ce qui existe
n'est différent de ce qui existe et ce qui n'existe pas
est aussi semblable à tout le reste; le mystère
de chaque chose étant semblable au mystère de chaque
autre, chacune se tient à l'autre par son fondamental.
Je m'en vais, roseau d'acier fragile comme un fil de vierge imprenable,
invisible comme les princes des contes de fée, je brise
le lien qui joint le creur aux pierres et me joint à la
terre par tant de forces informes. Doucement je m'en vais et m'endors
au roulis du linceul, au sommeil de l'éther, car doucement
je m'en vais et j'emmène le secret du roulis, le secret
du linceul, le secret du sommeil, le secret de l'éther,
car doucement je m'en vais au roulis de l'éther au sommeil
du linceul magnifique comme la cape d'hermine de l'Himalaya..
(...)
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