| 1929
10 octobre, naissance de Bernard Réquichot, dans
la maison familiale de Saint-Gilles à Asnières
sur Vègre (Sarthe, où il habite jusqu’à
ses 5 ans). Son père y est exploitant agricole.
1934-1947
La famille Réquichot s’installe à
Corbeil, dans la banlieue parisienne. Le père
de Bernard Réquichot est Agent d’assurances
jusqu’en 1959. La maison de Saint-Gilles est louée,
Réquichot passera alors ses vacances chez ses
grands-parents maternels (Pradié) en Aveyron
et ses grands-parents paternels en Bourgogne.
Il est externe ou pensionnaire dans diverses institutions
religieuses jusqu’en 1945.
1941
Réquichot commence à peindre. Il peint
une série de tableaux d’inspiration religieuse,
où domine le thème christique.
1945-1947
Il entre à l’école des Métiers
d'art,
rue de Fürstenberg, puis à l’Atelier
Corlin, également à Paris.
La famille Réquichot reprend possession de la
maison de Saint-Gilles comme maison de campagne. Ce
lieu sera plus qu’un refuge, un lieu de résonance
intime, et c’est des champs avoisinants que surgira
un jour le premier reliquaire.
1947-1951
Il fréquente de nombreuses écoles d’art
: l’Académie Charpentier en 1947 et 1948,
où il rencontre le jeune peintre Jean Criton,
les Métiers d’Art en 1949, et les Beaux-Arts
en 1950.Il allait aussi, régulièrement
à la Grande Chaumière pour dessiner, et
il y rencontra Daniel Cordier en 1951.
Réquichot peint la série des grosses bonnes
femmes et réalise des dessins au crayon gras
et au fusain (nus, drapés, chaussures, crânes,
volailles) Période également où
il commence à écrire.
Il habite successivement rue de Varennes, puis rue des
Saints Pères à Paris.
Au café Bonaparte, Réquichot et Jean Criton
rencontrent chaque semaine un petit groupe de personnes
se disant Citoyens du Monde ; ils partagent avec eux
les mêmes convictions (non-violence, paix entre
les peuples, antimilitarisme, suppression des frontières)
; ils adhèrent rapidement à ce mouvement,
vendent alors le journal Le mondialiste, collent des
affiches, distribuent des tracts. (d’après
le témoignage de Jean Criton).
1952
Réquichot peint ses premières études
de bœuf d’inspiration cubiste.
C’est l’année de son service militaire
à Nancy qui enraye dans un premier temps son
activité plastique, puis il obtient un atelier.
Cette période est riche en lettres destinées
à Jean Criton et Daniel Cordier.
1953-1954
Sa rencontre avec Jacques Villon influence sa peinture
qui se dirige vers l’abstraction. De 1953 à
1956, il collabore à la restauration de peintures
murales de l’église romane d’Asnières-sur-Vègre
aux côtés de Mlle Pré, conservateur
de musée.
A l’automne 1954, Réquichot participe avec
les peintres Jean Criton et Dominique d’Acher
à l’exposition du groupe La Frégate,
à Corbeil.
1955
En mars, première exposition personnelle à
la Galerie Lucien Durand à Paris. La peinture
à l’huile sur toile, carton ou papier est
son principal moyen d’expression : Raclage de
coulées de peinture épaisse, collages
de fragments de toiles déjà peintes, peintures
au couteau, projection de peinture. Plutôt que
des pinceaux, il choisit parfois une pelle à
charbon ou un couteau de boucherie trempé dans
la peinture.
Il exécute également ses premières
boîtes, futurs reliquaires, remplies de terre,
d’ossements, d’agglomérats de toiles
déjà peintes.
1956
Réquichot entreprend ses premiers dessins de
spirales, à l’encre à la plume sur
papier. Il intègre des collages de fragments
de papiers à certaines peintures à l’huile.
1957
En mars, exposition personnelle à la Galerie
Daniel Cordier, à Paris.
Domicile et atelier au 8 rue de Courcelles dans un petit
studio côté cour.
Systématisation de la spirale se terminant parfois
par une impression d’écriture illisible.
Approfondissement de la technique du collage que Réquichot
nommera papiers choisis, fragments d’illustrations
découpés ou déchirés dans
des magazines de recettes de cuisine, ou dans La vie
des bêtes.
1957-1958
Période très prolifique avec l’utilisation
de techniques variées. Réquichot poursuit
la série de dessins à spirales avec de
l’encre, et des rehauts de gouache ; de même
il continue ses reliquaires dont un de grand format
(reliquaire au crâne de bœuf).
La série La guerre des nerfs rassemble les trois
techniques : spirales, peinture et papiers choisis.
A cette même période, « il exécutait
quelques grands tableaux, dont le fond blanc était
griffé de traces noires presque imperceptibles.
Il employait la technique originale des vibrations d’un
couteau balayant la surface de la toile » d’après
Daniel Cordier.
Réquichot achète une maison à Gignac
(Vaucluse), village voisin de Viens où ses amis
Jean criton et Dominique d’Acher étaient
installés.
1958
il fait la connaissance du peintre Dado à la
Galerie Daniel Cordier.
1959
Domicile et atelier dans un appartement plus grand,
toujours au 8 rue de Courcelles, mais côté
rue.
Utilisation de papiers de garde par cadrages choisis
et en encollages dont le triptyque La Moisson des Fourmis
buissonnières. Réquichot se lance dans
des grands formats, supérieurs à deux
mètres.
Réquichot découvre des anneaux en polystyrène
dont l’assemblage par dissolution lui permet d’exprimer
dans l’espace ses dessins de spirales. Les anneaux
de rideau en polystyrène sont trouvés
au Printemps et au BHV avec l’artiste Yolande
Fièvre.
Le long travail préparatoire est parfois réalisé
par d’autres personnes telles que son neveu Odilon
Cabat, à l’époque étudiant
aux Beaux Arts.
Le dimanche, il rend souvent visite à Dado, à
Courcelles-Les-Gisors et recherchent ensemble des ossements
chez l’équarisseur. « L’équarrissage
c’était la culmination de notre amitié
» (Dado)
Il réalise de nouveaux reliquaires remplis de
différents objets ( chaussures, racines, coquilles
d’escargot, toiles peintes et pliées…)
Réquichot séjourne quelques mois à
la clinique de Meudon-Bellevue pour dépression
nerveuse.
1960
Première toile peinte, collée sur papier
et mise en forme, destinée à être
suspendue dans l’espace.
Les dessins de spirales de Réquichot, prennent
petit à petit une nouvelle forme, elles s’enroulent
sur elles-mêmes et « animent la surface
par une lecture indifféremment et alternativement
en relief ou en creux. Cette incertitude donne à
ses figures un dynamisme qui vivifie leur centre compact,
d’où naissent des regards obsédants
» Daniel cordier.
Le travail d’écriture de Réquichot
prend de l’ampleur, notamment par de nombreux
poèmes.
1961
Réquichot participe à la Galerie Iris
Clert, à une exposition collective sur le thème
de 41 portraits d’Iris Clert. Réquichot
réalise alors Iris Bizarre, toile pliée
mise en forme et suspendue.
Apparaissent les châsses de papiers choisis, où
Réquichot colle des fragments de photos de magazines
formant des reliefs qui habitent une boîte.
Il achève ses sculptures en anneaux dont trois
seulement sont répertoriées.
En novembre, il entreprend une série de sept
lettres, en fausse écriture, chacune est titrée.
Elles sont destinées à présenter
sa future exposition à la Galerie Daniel Cordier.
Dans la nuit du 4 décembre 1961, quarante huit
heures avant le vernissage de son exposition, à
la Galerie Daniel Cordier, Bernard Réquichot
se jette par la fenêtre de son atelier et domicile.
Bernard Réquichot repose au cimetière
du Père Lachaise.
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